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Municipales : les démunis si pâles

Municipales : les démunis si pâles

​C'est bientôt les élections municipales en France et partout des candidats se présentent fièrement pour s'emparer de la mairie d'un village ou d'une ville du pays. C'est l'occasion de partager avec vous quelques anecdotes à ce sujet. Si le fond de ces élections municipales est plutôt bon, il y a beaucoup de pommes pourries dans cette course politique. Entre certains individus douteux, le merchandising politique, le paraître et le culte des valeurs capitalistiques, il ne faut pas s'étonner que beaucoup ne se déplacent plus pour voter. On se demande souvent si on va choisir la peste ou le choléra. Pourtant, il y a aussi ces autres individus ou ces rassemblements qui voudraient défendre leur village ou leur ville avec des idées plus modernes, plus justes, plus vertes, plus altruistes... Alors les démunis sont-ils si pâles ? Non, la vraie question c'est : que faut-il attendre des élections municipales ?

​Je n'irai pas voter

​"Déjà, le monsieur a fait un jeu de mot complètement pourri pour intituler son article et en plus il dit qu'il n'ira pas voter !"

Dans mon cas, je ne vois pas l'intérêt d'aller voter dans mon petit village. J'ai eu l'occasion de traiter plusieurs fois avec le maire actuel et même si nous ne partageons sans doute pas la même vision du monde, je me dis qu'il doit faire l'affaire et voilà. Il ne dit rien qui m'effraie vraiment. J'en suis arrivé oui, à m'en foutre royalement. Avec les municipales, il fera comme beaucoup d'autres, il choisira de charmer et plaire pour être réélu. D'ailleurs, je ne sais même pas si quelqu'un se présente contre lui. Toujours est-il que le maire sortant sera beau, élégant, tout souriant, le monde ira bien et des nouvelles promesses jailliront des discours. 

Dans cette période électorale, je déteste surtout ces faux sourires, cette ambiance aseptisée que l'on nous sert et encore, à petite échelle ce n'est pas grand chose. Dans ces moments là, on me disait souvent que c'est l'occasion de se présenter aux mairies, de râler un peu ou de parler d'un projet. Là oui, les maires nous écoutent plus paraît-il. 

Nous sommes sensés en démocratie trouver du dialogue, avoir la possibilité de s'exprimer, d'échanger mais même dans les élections municipales, je n'y vois qu'une guéguerre entre plusieurs personnes et je préfère les laisser se battre. Tu es dans quel camp ? Personnellement, dans aucun. J'ai l'impression que même les bons candidats n'ont plus leur chance car des idiots votent massivement pour le maire sortant alors que son bilan est désastreux. "On sait qui c'est, voilà, c'est rassurant". Même ceux qui votent vous dégoûtent et à chaque élection, il y a comme un goût de déjà vue. Je ne parlerai pas de ce grand n'importe quoi qui partage les citoyens, la droite, la gauche et le haut et le bas, parce là encore, cela génère encore plus de dissonances entre les personnes qui doivent vivre ensemble et donc qui devraient avancer conjointement dans la même direction.

Mon village (où je vis et où je suis né) se porte bien même si je trouve qu'il n'y a plus vraiment de vie commune, c'est plus un dortoir géant qu'autre chose. Dehors, rien ne m'attire, ni les fêtes dans la salle communale, ni les rassemblements populaires et souvent j'ignore totalement ce qui se déroule à côté de chez moi. J'avoue que je ne fais plus l'effort de participer au bien être de la commune et de chercher à voir ce qu'il y a comme activité mais après plus de 4 ans en tant que président d'association, j'ai donné jusqu'à m'en dégoûter. En outre, je ne connais presque plus personne et je ne me reconnais plus dans mes voisins. Je suis porté par les arts et les nouveaux médias alors que beaucoup de mes concitoyens locaux sont plutôt dans leur logique "voiture, boulot, dodo", si ne n'est plutôt "santé à gérer, plus un sous, voir la vie passée, bientôt mourir". Ce n'est pas un problème local, c'est un énorme problème social que connaissent beaucoup de gens et surtout ma génération. Un peu partout, on voit un monde qui avance sans nous et qui nous laisse peu de place. De plus, nous sommes souvent déçus par tant de choses que l'on n'attend plus rien de la politique, surtout en ce moment avec la bonne grosse dictature macronienne. Nous préférons agir avec nos propres moyens, avec notre entourage et ceux qui veulent bien nous aider. Nos activités sont aussi très limitées à cause du manque d'argent ou de temps pour ceux qui travaillent. Les trentenaires ont surtout compris qu'ils sont rarement représentés comme il se doit dans les petits villages et vivent comme ils peuvent à leur rythme.


A quoi sert un maire ?

Je crois que la chose la plus terrifiante, c'est de se demander à quoi sert un maire, surtout celui de notre commune. Bien sûr, il y a des représentants municipaux qui sont vivants, proche des autres et qui agissent pour le bien de leur ville ou village mais ils sont plutôt rares. J'en ai connu quelques-uns, il fallait cependant rouler plus d'une demi-heure pour en trouver au moins un. Autour de Perpignan, il y a surtout des histoires incroyables. On se rappelle tous de la chaussette aux élections de 2008 ou encore les faux électeurs du Barcarès en 2004 (affaire non élucidée par la justice). Au niveau national, notre champion suprême reste le cher et magnifique Patrick Balkany. Entre magouilles et mépris pour une partie de la population, il y a de quoi être dégoûté par tout cela. Vous avez aussi ces élus, souvent placés à des postes importants de la République et qui cumulent avec leur rôle de maire. C'est à se demander comment ils peuvent s'occuper d'un domaine important du pays et en même temps de leur municipalité. Apparemment, ils y arrivent bien en touchant encore plus d'argent. Le pire est sans nulle doute le maire absent, qui n'existe pas, qui n'apporte rien... A cela s'ajoute souvent des décisions à côté de la plaque, des projets faramineux et des endettements toujours plus conséquent. A la tête d'une mairie, c'est juste le jackpot et ces personnes-là profitent souvent du statut du maire, prennent ce qu'ils veulent et s'en vont toujours sans rendre des comptes. Après eux, que reste-il ? 

C'est bien cela le problème, tout le monde peut se présenter et les intentions de certains sont clairement malfaisantes. Peu de gens arrivent à comprendre que derrière les sourires se cachent les goinfres qui ne cherchent qu'à faire carrière dans la politique. Beaucoup de candidats veulent être maire, c'est tout. Ils ne veulent qu'un poste pour flatter leur ego. Vous aviez à l'époque George Frêche qui disait qu'il ne faisait pas de la politique pour les gens intelligents. Oui, c'est là où tu vois bien que la politique d'aujourd'hui ne prend pas en compte l'intellect des gens. La plupart des élections ont tendance à parler des mêmes choses. Les élus et ceux qui veulent l'être ont plus de facilité à s'adresser aux idiots. A force de prendre les gens pour des cons, beaucoup fuient les urnes. Feignants qu'ils sont, les irréductibles électeurs de l'ancien temps se disent qu'ils pourront peut-être encore sauver les apparences en choisissant un candidat sous l'étiquette d'un parti connu. Il y en a même qui disent "on n'a pas essayé, on a qu'à voter pour ce parti là". Même aux municipales, la couleur du candidat a presque plus d'importance que la personne elle-même. Rien que sur les réseaux sociaux, je vois des commentaires qui sont hallucinants. Beaucoup ne savent même plus pourquoi ils votent. Ils voient une gueule et se disent "bah lui, il à l'air sympa".

Pour moi, un maire, c'est une sorte de chef de village qui doit avoir la force d'élever sa commune. Dans un univers parallèle, je me vois aux côtés d'un homme ou d'une femme qui me demande mon avis et qui m'écoute, qui a envie d'améliorer son village. Là, j'ai envie de l'aider, je me sens concerné, je crois en cette personne parce qu'elle a des valeurs et que je sais qu'elle se sent porter par le besoin de servir sa communauté. Je vois même du monde qui veut débattre, qui se concerte pour choisir celui qui va les représenter. Finalement, dans cette histoire, nous avons choisi un maire extraordinaire et nous avons mis en place des projets prioritaires, tous ensemble. Un maire qui sert sa municipalité, c'est beau ! En tout cas, un candidat à la mairie de Montpellier me fait rêver et je vous invite à le suivre, c'est Rémy Gaillard. C'est un clown, un vrai humain, quelqu'un qui sait rire et faire rire, mais surtout qui s'est engagé plus d'une fois pour des causes justes comme celles pour les animaux.


Le cas de Perpignan


Etant la ville la plus grande et la plus proche de chez moi, je me suis forcément intéressé un minimum par la situation de Perpignan. D'autant plus, que je suis obligé d'y aller pour plusieurs raisons, ne serait-ce que pour traverser la ville. Je la fuis dès que je peux. C'est devenu un désastre, sans parler des places de stationnement qui sont payantes et très chères, gérées par des mafieux privés. Quoi qu'il en soit, je garde toujours espoir, que la situation s'améliore ou que le prochain maire saura éviter d'empirer le tout.

J'ai une petite anecdote rigolote qui m'a poussé à écrire cet article et à me poser de nouvelles questions sur les élections municipales. Ce petit théâtre dont j'ai été spectateur résume un peu toute la superbe de cette supercherie "démocratique". J'étais donc assis dans la cafétéria des nouvelles salles de l'université de Perpignan. J'attendais ma copine et j'en ai profité pour écrire. L'avantage de cet endroit, c'est que l'on peut tout voir dans les rues adjacentes. C'est très lumineux et plutôt agréable même si les alentours sont plutôt insalubres ; c'est dans l'un des coins les plus dégueulasses de Perpignan. Dans l'angle d'une ruelle, il y avait un panneau où il est possible de placer librement des affiches. Au début, il y avait 4 affiches de Louis Aliot. Pas une, mais 4 et un bandeau en dessous rappelant son magnifique slogan (c'est ironique bien sûr). Déjà, sur le plan écologique, il est clair que c'est le cadet des soucis de ce candidat. A chaque élection, on jette tellement de papiers avec des têtes de cons dessus que c'en est affligeant. Cherchant mes mots, j'ai levé la tête et j'ai été attiré par une drôle de scène. Une maman et ses deux enfants avaient des feutres et se sont amusés à dessiner sur la tête du vil personnage qui était sur les affiches. Cela a duré un petit moment. J'ai vraiment adoré cette initiative et ce geste, finalement, il y avait quelque chose de ludique pour ces enfants. Ils sont partis en souriant et j'ai souri avec eux. Puis, finalement d'autres personnes sont venus accrocher des affiches pour Romain Grau sur celles déjà présentes. Voilà ce qui illustre bien la stupidité de ces élections : prendre plus de place, quitte à grignoter celle des autres. Je me disais que tout cela ne change pas grand chose des petites batailles que l'on se faisait étant à la maternelle.

Alors bien sûr, aucun des deux candidats ne m'inspirent, bien au contraire. Je me demande pourquoi ces deux personnes viennent tenter de prendre la mairie de Perpignan alors qu'ils ne sont que des représentants de deux partis politiques qui ne cherchent que des électeurs. 

Il est difficile de trouver un candidat idéal. Autant au niveau national que local, il est évident que nous sommes dans l'urgence sur tous les plans. Pour Perpignan, il y a presque tout à refaire, c'est catastrophique ! Les candidats favoris actuels sont encore ces produits bien propre que l'on sert aux idiots. Pour cette mairie, il faudrait un "humain" qui comprenne les enjeux de la ville et surtout qui ne fait pas semblant de les comprendre. Il y en a marre des stratégies politicardes qui cachent en réalité des personnalités vides et sans passion. C'est cela qu'il faut, de la passion pour reconstruire une ville comme Perpignan qui se meurt, que beaucoup fuient... Il faudrait un maire qui se lève un jour et qui va dans la rue pour agir ; qui a de l'ambition pour sa ville et ses habitants, pas pour lui ; qui se sent mal de voir la misère de sa ville et qui veut y mettre fin ; qui voudrait la rendre plus verte, plus proche de la nature pour être viable sur du long terme ; qui a envie de faire briller sa ville, qui lui donne les moyens d'attirer de bonnes personnes... bref, qui donne à Perpignan tout ce qu'il faut pour avoir un sens, une vision, une fierté d'être à nouveau "el Centre del mon". Là, oui, peut-être serai-je aller choisir un camp car il y a des propositions intéressantes chez certains candidats que l'on ne connait que trop peu.

J'en attends beaucoup ? Eh bien oui, car la vie passe et il ne faut pas attendre demain pour bâtir un monde meilleur. Perpignan avait une histoire mais aujourd'hui, elle n'en a plus à cause de ces individus reptiliens qui n'ont pensé qu'à eux et pas à leur ville.


Quand j'écris tout cela, bien évidemment, je me sens mal à l'aise. Je regrette tellement que cette partie de la vie commune et politique soit si entachée par les mauvaises intentions de beaucoup trop de politicards. Je doute énormément de la force du vote, au niveau national surtout, mais pour les municipales, il y a une représentativité qui est beaucoup plus intéressante et qui pourrait avoir plus de poids dans notre quotidien si les maires s'engageaient un peu plus. Je pense qu'il est préférable que l'on se sente proche de son maire, ne serait-ce que pour être écouté, pas toujours pour râler mais construire ensemble. Après tout, l'environnement où l'on vit est très important et on ne peut pas donner du pouvoir à n'importe qui pour le modifier n'importe comment. J'aimerai me sentir bien dans ma communauté mais il y a des problèmes générationnels, des visions trop différentes et beaucoup de gens ne cherchent pas à réfléchir pour améliorer ou changer les choses. Aller de l'avant demande aussi l'effort de la majorité, surtout dans cette "démocratie". Les élections municipales donneront donc encore une fois des spectacles ridicules supportés par encore trop d'idiots. Je plains surtout ces candidats qui aimeraient vraiment changer les choses mais qui n'ont pas assez de soutiens et qui verront des pourris prendre la mairie de leur ville ou leur village. Quoi qu'il en soit, si vous votez, prenez le temps de savoir pour qui.

La démocratie à la française
Le sens de notre course sociale

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