CRITIQUES

Analyser des œuvres et les faire connaître

Temps de lecture : 5 minutes (932 mots)

Pleurer avec 7. Koğuştaki Mucize

Pleurer avec 7. Koğuştaki Mucize

C'est sûr que le titre est compliqué à retenir, 7. Koğuştaki Mucize difficile à prononcer pour un français qui ne connaît pas le turc. Quoi qu'il en soit, il fait partie de ces films qui ont le don de vous toucher en plein coeur. Disponible sur Netflix, beaucoup ont salué ce grand film de Mehmet Ada Öztekin. En effet, c'est une belle découverte qui mérite vraiment la reconnaissance d'un large public. Peu importe si on n'est pas attiré par les histoires de la Turquie, il s'agit là surtout d'une histoire humaine pleine de sens. Ce film est beau, simple et fort à la fois ! On y suit un père avec un handicap mental et sa petite fille. Malheureusement, il est arrêté pour le meurtre d'une enfant et un combat pour faire apparaître la vérité commence alors. Dans cette critique, je ne dévoilerai rien, je dirai surtout ce que j'ai ressenti en voyant ce film qui m'a été chaleureusement conseillé et que j'ai beaucoup aimé. J'espère vous convaincre car il vaut le coup !

Nom 7. Koğuştaki Mucize
​Genre Drame
Origine​Turc
Première sortie​10 octobre 2019
Réalisateur​Mehmet Ada Öztekin

Askorozlu, un de mes personnages préférés

Le film commence sur une femme habillée de blanc, il y a une télé allumée et elle parle de la fin de la peine de mort en Turquie. Ensuite, flashback dans les années 80 et on reste ici jusqu'à la fin du film. Dans cette histoire, il n'y a pas grand chose, juste un père avec un handicap mental, une petite fille, une grand-mère et une petite maison proche de la mer. C'est une petite famille, plutôt pauvre, qui vit sa vie. Le père qui s'appelle Memo rit souvent, il fait chaud au coeur et on s'attache rapidement à ce personnage atypique merveilleusement joué par l'acteur Aras Bulut IIynemli. Malgré les moqueries qu'il reçoit, il reste un homme heureux et surtout il prend très au sérieux son rôle de père. On se sent porter par sa douceur enfantine, surtout quand il joue avec sa petite fille Ova. Tous deux sont très complices, c'est agréable de les voir ensemble. Cette relation père-fille montre presque l'importance de rester parfois jeune dans sa tête pour pouvoir apprécier un instant avec son enfant.

Dans son entourage, Memo est souvent vu comme l'idiot du village. Il aime ses bêtes, sa mère, poursuivre les oiseaux mais il ne fait jamais attention aux mauvais jugements des autres. Son côté naïf est d'une beauté sans nom, à l'image de l'amour et de l'harmonie au fond de l'être humain. Il donne beaucoup à réfléchir sur notre humanité et notre comportement. Bien sûr, quand il est accusé de meurtre, le film nous enfonce dans une spirale incroyable d'émotions et les plus sensibles ne peuvent pas résister à l'appel des larmes. La façon dont est traitée l'histoire nous pousse à avoir beaucoup d'empathie pour Memo et on a envie de l'aider, on a envie de le protéger.

Tout au long de 7. Koğuştaki Mucize, on découvre aussi des tas de personnages différents, tous magnifiquement bien interprétés. L'un de mes préférés est Askorozlu, un prisonnier qui a un sacré charisme et qui joue un rôle important à certains moments. Chaque personnage a vraiment son importance, tous apportent quelque chose en regardant Memo. La façon dont les autres traitent ce père en dit long sur leur personnalité. Ce qui est intéressant, c'est surtout comment évolue la vision des personnages, selon ce qu'ils croient savoir de Memo et quand ils apprennent à mieux le connaître.

Autre sujet important du film, c'est la politique turque des années 80, les militaires, la religion peut-être aussi... Parmi tout cela, il y a surtout la peine de mort qui est mise en avant et qui semble pointer du doigt plus que le reste. Toutes les critiques sociales sont là avec une certaine douceur, le film n'extrapole rien, il ne fait que montrer et c'est à nous de nous faire une idée. C'est aussi sa force, il n'exagère rien et cela nous donne plus de place pour notre propre réflexion. En soit, c'est une histoire un peu à l'ancienne, un peu comme le néoréalisme italien, les personnages évoluent dans un fond social plutôt sombre et dur qui donne une ambiance réaliste et presque documentaire.


Le moins que l'on puisse dire c'est que j'ai adoré ce film et j'avoue avoir pleuré plus d'une fois. On ne pleure pas que pour exprimer sa peine face à de terribles scènes, on pleure aussi pour la beauté de certaines d'entre elles. Il y a ses moments de joie qui ont une force émotionnelle incroyable, c'est juste beau et on contemple cela avec bonheur. Voir le monde à travers ce père avec un handicap mental nous rappelle également à quel point on peut s'émerveiller pour si peu de chose avec un esprit enfantin. A la fin du film, on se sent empli de belles choses. Il y a de bonnes leçons de la vie, cela fait du bien d'avoir vu un tel chef d'oeuvre. Malgré ce qui peut nous arriver, on peut quand même profiter de chaque instant quand on est plein d'amour et c'est ce que nous enseigne ce personnage appelé Memo. En soit, je dirai même que ce père nous fait réfléchir et il nous montre surtout nos handicaps, ceux qui nous empêchent de sourire parfois à la vie. Donc, 7. Koğuştaki Mucize, à voir absolument ! 

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