CRITIQUES

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Black Mirror, l'art d'un futur pas si lointain

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Black Mirror est une série étonnante qui reflète une part de notre société en montrant les excès de notre dépendance aux écrans et à la technologie en général. Chaque épisode est indépendant des autres, de nombreux acteurs s'enchaînent dans des histoires aussi bluffantes que troublantes. En effet, si c'est plaisant à voir, certains épisodes ont tendance à nous faire longuement réfléchir sur notre condition humaine.

​J'ai regardé avec beaucoup d'attention toutes les saisons de la série Black Mirror. Tout a commencé quand j'avais découvert le deuxième épisode de la saison 1 ​15 millions de mérites​ et que j'avais trouvé là ce que malheureusement j'avais l'impression de voir déjà dans notre société. Dans cet épisode, on voit un groupe d'hommes et de femmes qui doivent pédaler pour générer de l'énergie et qui gagnent en contrepartie des points comme dans un jeu vidéo. J'étais aux anges, j'avais mes thèmes favoris réunis dans cette petite histoire. Pourtant, je n'avais pas vraiment compris qu'il s'agissait d'un bout d'une série. J'imaginais que c'était un court-métrage et donc, le temps a passé avant que je m'y mette à fond pour voir l'ensemble des saisons.

Quand j'ai fait le lien avec l'épisode qui m'a beaucoup marqué et le reste, j'ai tout regardé en très peu de temps. Les thèmes sont vraiment intéressants, ça parle de la vie, de la mort, des relations humaines... La plupart des personnages principaux sont souvent des anti-héros, des personnes qui subissent les dérives de nos technologies. On s'identifie très vite aux personnages et le génie de la série c'est nous mettre mal à l'aise quand ceux-là tombent en désuétude à cause d'un élément lié à un petit bijou technologique. Par contre, j'ai beaucoup apprécié les épisodes où les choses se finissent bien aussi. Je pense que les auteurs de la série ont bien fait de ne pas simplement taper sur notre dépendance à l'écran, il y a certaines choses qui font tout de même rêver et qui transcendent notre humanité. On peut dire que ce n'est pas l'objet en question qui est un mal mais la façon dont on s'en sert.

En dehors du scénario, j'ai été étonné de voir la qualité "cinématographique" de la série. En effet, la mise en scène, le montage, le cadrage, les lumières... je me suis surpris quelquefois à arrêter un épisode pour revoir une séquence. La réalisation est génialissime, c'est travaillé, c'est recherché. Le jeu d'acteur aussi m'a beaucoup plu, pas forcément dans l'ensemble, mais certains étaient extraordinaires, surtout Georgina Campbell que j'ai beaucoup apprécié dans l'épisode ​Hang the DJ​ (j'ai un faible pour les belles femmes, que voulez-vous...). D'ailleurs, dans cet épisode, j'ai adoré le concept et je dois dire que c'est aussi un de mes préférés. Dans l'épisode ​Chute libre​, je ne vous dévoilerai pas la fin mais on assiste à un grand moment de cinéma et l'enchaînement des plans à la toute fin est magistral.

Tout le monde s'accorde à dire que la saison 4 n'est pas superbe et je suis d'accord. Mais, comme je l'ai dit, j'ai beaucoup aimé ​Hang the DJ​ qui fait partie de la saison 4. Le pire reste sans doute ​Arkange​. La force de la série c'est aussi la surprise et le message que les différentes histoires transmettent. Il est rare que l'on voit venir ce qui va arriver et quand ça arrive, on a le cœur qui se met à battre comme un fou et la tête a besoin de temps pour s'en remettre (une superbe sensation n'est-il pas ?). Or, dans l'épisode ​Arkange​, tout est vraiment emboîté sans véritable intérêt et il n'y a pas la magie que la série avait su faire jusque-là. ​Crocodile ​ne m'a pas convaincu aussi et ​Metalhead​, c'était intéressant mais sans plus. Quant au dernier épisode de la saison 4, ​Black Museum​, je suis mitigé. J'ai adoré Douglas William Hodge, un acteur si expressif et agréable à voir, toutefois, c'est ce mélange d'histoires qui était de trop. C'est comme si on te disait, attend, je peux t'en servir plus alors qu'en fait, un verre t'aurait suffit.

Pour conclure, je vous invite à voir cette série pour son côté spectacle mais aussi et surtout, pour le message qu'elle transmet à travers les épisodes. Il m'arrive parfois de me dire que certaines personnes ont vraiment une vie comme dans ​Black Mirror​. Il vrai que la technologie, même aussi anodine pour nous soit-elle, comme les réseaux sociaux ou un téléphone portable, n'apporte pas toujours des bonnes choses. J'adore la technologie mais en même temps, j'ai peur. Pas du progrès, pas de ce que l'on peut créer encore, mais j'ai peur de ce que certains humains peuvent en faire. ​Black Mirror​ porte bien son nom, c'est le reflet noir de notre humanité ; j'espère seulement que la plupart des dérives que la série a développé seront évitées à l'avenir par nos actes éclairés.


Episodes préférés :

​15 millions de mérites

Hang the DJ

Chute libre

L'hymne national 

Battletech, un space opera avec des mechas

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